Extrait du Rapport Garot

Extrait du Rapport de Guillaume Garot Député de la Mayenne Ancien Ministre délégué à l’Agroalimentaire Au Premier Ministre

LUTTE CONTRE LE GASPILLAGE ALIMENTAIRE : PROPOSITIONS POUR UNE POLITIQUE PUBLIQUE

(Extrait pages 34 et 35)

1.3.5 Développer la valorisation vers l’alimentation animale

L’industrie de l’alimentation animale (en France plus de 21 millions de tonnes produites) est née de la valorisation des coproduits de l’alimentation humaine (tourteaux de colza/huile, son de blé/farine, drêches de brasserie/bière etc.). Ces coproduits valorisés ont permis le développement de l’élevage. Cette valorisation fait partie de l’équilibre des filières de production de l’amidonnerie, la malterie, la trituration d’oléagineux, la meunerie, la brasserie, l’industrie du sucre. Les coproduits récupérés sont standardisés, les flux sont stables.

A côté de cette filière, s’est développée plus récemment une filière de valorisation des écarts de productions agroalimentaires dont l’objectif est l’utilisation en alimentation animale de la ressource nutritionnelle de denrées propres à l’alimentation humaine qui sont retirées du marché pour diverses raisons : erreur de composition, étiquetage erroné, date de péremption dépassée…

Valoria (syndicat des professionnels de la valorisation en alimentation animale des coproduits et écarts de production agroalimentaires) revendique une qualité des produits récupérés, transformés pour être fournis aux industries de fabrication des aliments pour animaux : les opérateurs doivent respecter les contraintes présentées par les industries agroalimentaires. La récupération des écarts de production fait donc l’objet de conventionnement entre les deux parties.

Ces flux se mettent en place dès lors que le produit collecté répond aux critères suivants : un intérêt nutritionnel pour l’alimentation animale, un prix compétitif, le respect des exigences sanitaires et un flux régulier. A défaut, l’alternative est la méthanisation ou le compostage. Le volume de disponibilités dans les industries agroalimentaires pour cette filière est stable car les entreprises de l’alimentation ont un intérêt à la maîtrise de leur process afin d’éviter les écarts de production. Certains écarts demeurent néanmoins récurrents comme ceux issus des innovations technologiques non encore stabilisées ou ceux qui concernent les échantillons de laboratoire conservés et non analysés.

Néanmoins, la puissance publique devra veiller à soutenir le développement de la filière alimentation animale, en favorisant à l’échelle nationale les opportunités de rapprochement entre producteurs, grande distribution et industriels du secteur.

> PROPOSITION : Favoriser l’utilisation des coproduits dans l’alimentation animale

POURQUOI ? : Les écarts de production sont constitués par des denrées propres à la consommation humaine mais qui, pour des raisons de compositions, d’étiquetage, de présentation, ne peuvent pas être mis dans les circuits de l’alimentation humaine. Leur valeur nutritionnelle pour l’alimentation animale est importante : dans la hiérarchie des actions de lutte contre le gaspillage alimentaire, la strate alimentation animale est située juste après la valorisation en alimentation humaine par le don.

COMMENT ? : Dans le respect des exigences sanitaires, cette valorisation doit être favorisée en renforçant l’information des industriels de l’agroalimentaire. Ces derniers, en définissant dans leur process de fabrication des coproduits auxquels ils attribuent une destination précise conforme aux dispositions en matière d’alimentation animale, réduisent de façon substantielle leurs biodéchets. Les autorités françaises en charge des contrôles sur la réglementation des biodéchets doivent faire clairement la différence entre ces coproduits valorisables et des déchets. Par ailleurs, l’encadrement règlementaire national et européen relatif à cette industrie de l’alimentation animale doit évoluer, parallèlement à celui sur les biodéchets.